Recette pour un cocktail hormonal de l’accouchement optimal
Recette pour un cocktail hormonal de l’accouchement optimal

Recette pour un cocktail hormonal de l’accouchement optimal

Titre un peu aguicheur, comme si la physiologie si subtile, si belle de la naissance pouvait être résumée à la manière d’une recette, et cependant pas complètement mensonger, tant une information éclairée vous permettra de mettre en œuvre des choses simples et efficaces pour favoriser une bonne libération hormonale lors de votre enfantement.

                Le cocktail hormonal de la naissance

Pour que la naissance ait lieu, du début des contraction à la sortie du bébé et son placenta, cela demande une merveilleuse alchimie de 3 groupes d’hormones : l’ocytocine, les endorphines et les catécholamines.

J’aimerais pour chacune d’elle (re)préciser ses rôles et aborder avec vous comment, au travers d’actions simples, vous pouvez optimiser leurs sécrétions/ actions.

                L’ocytocine

Aussi appelée l’hormone de l’amour, c’est elle qui va agir sur l’utérus pour le faire contracter.

C’est elle aussi qui participe grandement au processus d’attachement au nouveau-né.

L’augmentation du taux d’ocytocine dans le sang à mesure que le processus de la naissance avance permet aux contractions de gagner en fréquence et en intensité, permettant au fœtus d’appuyer plus encore sur le col utérin qui va s’ouvrir, et cet appui de la tête fœtale permet lui-même l’augmentation de la sécrétion d’ocytocine. C’est un cercle vertueux.

Ainsi, c’est un crescendo du taux d’ocytocine qui va permettre la sortie de l’enfant, l’attachement immédiat et ensuite l’expulsion du placenta.

Pour comprendre son action, il est intéressant de savoir que cette neurohormone est sécrétée par l’hypophyse, une glande qui se situe dans le cerveau limbique, dis aussi affectif (qui se distingue du néocortex, dit cerveau cognitif). Ce qui permet donc sa sécrétion ou au contraire son inhibition prend tout son sens quand on comprend qu’elle est sécrétée par une partie « primitive du cerveau ».

Cette hormone est sensible, timide pourrait-on dire :

Sa production est favorisée par l’intimité, le sentiment de sécurité, le silence, l’obscurité, la chaleur.

Pour s’en rappeler, il suffit de repenser à comment un mammifère donne naissance dans la nature, certainement pas en pleine exposition aux prédateurs, il préfèrera justement un lieu sécurisé, chaud, calme…

Toujours en pensant à cette comparaison avec les mammifères (dont nous sommes aussi !), retrouver cette part instinctive en nous et non pas intellectuelle, permet de laisser pleinement le cerveau primitif fonctionner optimalement, sans contrôle du cerveau cognitif :  le fameux lâcher prise, ou lâcher le mental ! Si cela n’est pas évident, on peut aisément comprendre qu’en tout cas cela demande de ne pas être stimulée par de la lumière agressive, des gestes ou actions peut être invasifs, des paroles incessantes. Qui plus est, l’adrénaline, l’hormone du stress inhibe les récepteurs utérins à l’ocytocine.

Ces quelques notions, permettent d’envisager dans quelle ambiance il peut être optimale d’être baignée le jour de l’enfantement.

Mais la sécrétion d’ocytocine peut également déjà être favorisée en amont, lors du dernier trimestre de la grossesse.

Voici quelques idées :

  • Boire de la tisane de framboisier, son rôle est indirect vis-à-vis de l’ocytocine, car elle n’en améliore pas la sécrétion, mais permet à l’utérus d’être plus réceptif à celle-ci.
  • Manger 5 à 6 dattes par jour dès 36 Semaines d’Aménorrhées
  • Favoriser le plaisir
  • Faire l’amour
  • Avoir une activité physique

Tous ces conseils s’inscrivent pleinement dans la préparation à la naissance et un plan de naissance, n’hésitez pas à en parler avec votre sage-femme, doula, gynécologue.

                Les endorphines

Ces calmants naturels sont comme l’autre facette de la « pièce ocytocine », face aux contractions que procure cette dernière et aux douleurs engendrées, votre corps réagit en sécrétant sa propre analgésie.

Ce qui est formidable, c’est qu’en plus d’être une réponse à la douleur, les endorphines permettent également l’altération de l’état de conscience…finalement elles aident au lâcher prise, qui lui-même aide à la sécrétion d’ocytocine, là aussi c’est un cercle vertueux !

Alors comment favoriser leurs libérations ?

                >La première des choses est la respiration, ne pas la bloquer mais au contraire la libérer, sur de longues expires lors de la contraction,

                >La décontraction, là aussi aidée par une respiration ample, le corps se décontracte et est plus à mène de sécréter des endorphines,

                >Les massages… La majorité des personnes aime les massages et peut témoigner du bien être et de la détente qu’ils engendrent. Et même pour celleux appréciant guère les massages, nous avons tous le réflexe de contenir une partie du corps qui viendrait de recevoir un choc par exemple. Cette action de toucher une zone endolorie, permet d’optimiser la réponse sensitive apaisante.

                >Penser, imaginer, visualiser un souvenir agréable, cela peut-être aussi simple que d’imaginer manger un bon carré de chocolat ! Hop vous voilà en train de sécréter des endorphines !

Tous ces conseils peuvent être mis en place le jour J, mais également être entrainés en amont pendant la grossesse, afin d’être plus accessibles et plus efficaces encore en situation.

Les catécholamines

Regroupant l’adrénaline et la noradrénaline, les catécholamines sont les hormones du stress.

 Il y a une compétition de ces hormones, ocytocine et endorphines versus adrénaline, les unes ne sont présente qu’en l’absence de l’autre, les actions des premières sont inhibées par la présence de l’adrénaline.

Là encore, c’est physio-logique : Un mammifère stressé, inquiet, se sentant en proie à un danger va stopper le processus de mise bas, afin de protéger sa progéniture.

Se protéger du stress (dans la mesure du possible bien sûr) favorise le déroulement optimal de l’accouchement. Là encore, cela apporte un éclairage sur comment se préparer à la naissance, comment choisir le lieu voire même peut-être les personnes présentes le jour J.

Cependant, la nature prévoyant tout, au moment même de la phase dite de l’expulsion du bébé, il y a un haut taux de catécholamines dans le sang de la femme qui enfante, car à ce moment-là il faut de la force et de la présence pour faire naitre son bébé et le protéger immédiatement si un danger devait survenir.

               

                Pour résumer, comment se concocter un superbe cocktail hormonal pour une naissance optimale ?

                *Favoriser la production d’ocytocine et d’endorphine en se préparant à la naissance, physiquement (nutrition, respiration, activités), psychiquement (visualisation, relaxation, hypnose) et en choisissant les conditions (lieu, personnes, aménagement possibles) de l’enfantement.

                *Limiter les sources de stress

                *Penser à comment les mammifères mettent bas dans la nature animale : dans l’intimité, le sentiment de sécurité, le silence, l’obscurité, la chaleur.


Pour un accompagnement plus personnalisé, contactez moi, je serai ravie de vous aider !

Ce billet est écrit grâce aux partages de connaissances qu’a mis à disposition Michel Odent

« Pour changer le monde, nous devons d’abord changer la façon dont les enfants naissent »…

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